Catholiques et protestants, les points de différence

Si tu te rappelle de tes cours d’Histoire du collège, le nom de Martin Luther et de ses 95 thèses doit te dire quelque chose. Il s’agit du moine allemand à l’origine du protestantisme au XVIème siècle. Si le nom de cette branche du christianisme est assez connu, ses croyances le sont moins. Explications…


6 décembre 2016 : Mgr Jean Pierre GRALLET, arch. de Strasbourg parlant avec le pasteur Pascal HETZEL lors de la commémoration luthéro-catholique pour les 500 ans de la Réforme.
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Les origines

Nous sommes le 31 octobre 1517 à Wittenberg en Allemagne. Un moine allemand du nom de Martin Luther vient d’afficher sur la porte de l’église ses 95 thèses où il dénonce les scandales de l’Église de son époque. Alors âgé de 34 ans, Martin Luther s’est longtemps questionné sur les moyens d’accéder à la vie éternelle. Ses réflexions l’ont conduit à critiquer la hiérarchie catholique de son époque qui, selon lui, s’était éloignée du message de l’Évangile. Parmi les critiques qu’il fait, la première est celle de l’utilisation trop abusive des indulgences. Dans l’Église catholique, l’indulgence est définie comme « la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée ». C’est une définition assez difficilement compréhensible au premier abord, mais avec une comparaison, c’est plus clair. Mgr Perrier, évêque émérite de Lourdes, lors du Jubilé de l’an 2000, avait pris la comparaison avec un incendie. L’incendie détruit le bâtiment ; il faut éteindre le feu, cause de cette destruction. C’est le sacrement du pardon. Mais l’incendie laisse d’autres traces. Après le passage du feu, il faut nettoyer le site inondé, il faut réparer les dégâts, racheter ce qui a été perdu ou endommagé, etc. Ce sont les peines temporelles et l’indulgence qui les efface.

Quelques points de divergence

Les protestants rejettent l’autorité du Pape. En effet, comme tout baptisé est «prêtre, prophète,  et roi », il ne peut pas y avoir de hiérarchie au sein de l’Église. De plus, puisque les institutions religieuses restent humaines, et donc peuvent se tromper, ils rejettent « l’infaillibilité pontificale », définie en 1870 lors du Concile de Vatican I, qui est une croyance selon laquelle le Pape ne peut pas se tromper en matière de foi et de morale. Ainsi les protestants n’ont pas non plus de clergé. Le pasteur a donc un ministère particulier dans l’Église, mais n’est pas le seul à pouvoir présider les sacrements.

Les protestants ne se confessent pas. Selon les croyances protestantes, la reconnaissance de ses fautes et l’acceptation de son pardon sont considérées comme appartenant à la relation personnelle que chaque croyant doit entretenir quotidiennement avec Dieu. Si elle est jugée utile par Luther et Calvin, les deux « fondateurs » du protestantisme, la pénitence n’est cependant pas obligatoire.

Les protestants reçoivent l’Eucharistie mais la signification est différente. Bien que le sacrement fasse partie des deux communs avec ceux de l’Église catholique, avec le baptême, il est un peu différent. Pour eux, l’Eucharistie est un acte de mémoire du sacrifice du Christ, et non une actualisation comme c’est le cas chez les catholiques. Ils ne croient pas non plus en la « transsubstantiation », principe catholique selon lequel Jésus-Christ est réellement présent dans l’Eucharistie sous les apparences du pain et du vin. Pour eux le Christ est effectivement présent dans le pain et le vin, mais ceux ci gardent leur propre nature. D’autres points de différences existent, notamment concernant la prière de la Vierge Marie et des Saints.

Pour aller plus loin :

  • Est-ce-que je connaissais ces différences ?
  • Est-ce-que je connais des protestants dans mon entourage ? Je peux discuter avec eux de notre foi respectives

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