Le cannabis en question

Nous t’avions parlé d’Amsterdam : ses cours d’eau, ses vélos… mais aussi ses « coffee shop », où le cannabis se vend entre gaufrettes et barres de céréales… Ca t’interpelle ? Essayons de comprendre ce débat qui s’invite  dans la campagne présidentielle.

Tout d’abord, du cannabis « open bar » aux Pays-Bas, vraiment ?

On a souvent la vision des Pays-Bas comme un pays où la vente de drogue est en accès libre. Il convient plutôt de parler de vente encadrée : 5 grammes par jour et par personne, interdit aux mineurs, pas de publicité, uniquement de la drogue « douce ».

Pour justifier cette mesure, le gouvernement évoque des phénomènes de santé publique tel que les maladies sexuellement transmissibles ; les drogues douces étant des portes d’entrées vers des drogues plus fortes nécessitant des seringues. Mais les Pays-Bas ne sont pas le seul pays à avoir franchi ce pas : le Portugal a une politique encore plus ouverte car toutes les drogues y sont légalisées dans la limite où le porteur ne possède qu’une « portion » pour sa consommation journalière.

Une politique aux conséquences mitigées

Les législateurs de cette loi voulaient dédiaboliser la drogue afin que les malades aient plus de facilités à consulter des médecins et psychiatres. La drogue n’étant plus associée à un interdit, le malade n’a plus à avouer cet interdit pour accéder aux soins. En ce sens, c’est une réussite selon un professeur portugais en charge d’étudier les conséquences de cette loi.

Cependant le Portugal a su mettre en place des mesures de santé publique, de police moins répressive mais plus accompagnatrice pour aller de pair avec cette loi. Ceci est moins vrai pour les Pays-Bas où le bilan de cette politique est plus mitigé et où la délinquance liée à la drogue n’a pas diminuée.

Mais pourquoi les gens voudraient s’en sortir ? Pourquoi c’est mal pour la société ?

Ces deux questions sont à la base de toute la réflexion actuelle sur ce sujet. La drogue, dès le début d’une consommation quotidienne, fait sécréter à notre organisme une substance de plaisir. Le corps ne va cesser d’en redemander pour se sentir « normal ». Cela engendre une dépendance dont il est très dur de sortir.

De plus, cette dépendance met à mal les relations amicales, familiales et sociales. La personne dépendante entre dans ce cercle vicieux où le plaisir initial disparaît et ne revient plus. Dans ce cas, la personne risque de tomber alors dans une dépression dont elle n’arrivera pas à sortir seul. La dépendance à la drogue peut ainsi entraîner un isolement social, voire des cas de dépression. La société en générale s’en trouve donc affectée. C’est pourquoi, l’objectif de réduire la prise de stupéfiant est un objectif commun de tous les politiques.

Les prises de positions des hommes politiques français

Dans la campagne politique actuelle il existe plusieurs prises de positions : en voici les grandes lignes.

  • Benoit     Hamon (PS) -> légalisation
  • Jean-Luc     Mélenchon (Front de gauche) -> légalisation
  • Emmanuel     Macron (En Marche) -> légalisation
  • François     Fillon (LR) -> répression
  • Marine     Le Pen (FN) -> répression
  • Yannick     Jadot (EELV) -> légalisation
  • Charlotte     Marchandis (primaire citoyenne) -> légalisation

Dans les débats on entend aussi une différence ténue entre légalisation et dépénalisation : la dépénalisation ne prévoit pas de restrictions alors que la légalisation encadre plus l’objet de la mesure. A ce jour il est difficile de faire la différence dans le programme de chacun des candidats.

La position de l’Eglise

Voici maintenant la position de l’Eglise, expliquée par le père Daniel-Ange.

« Si Dieu a créé le cannabis, pourquoi ne pas le fumer ? Parce que tout ce qui a été créé n’a pas été mis à disposition pour être utilisé n’importe comment. Dieu a créé l’acide sulfurique, très utile en chimie, mais ce n’est pas pour autant qu’il est bon que je me l’injecte dans les veines. Si les vertus thérapeutiques du cannabis peuvent nous être précieuses utilisées à bon escient, ça ne signifie pas forcément qu’il n’est pas toxique pour mon cerveau et le reste de mon organisme.

Des études récentes ont montré que la consommation fréquente de cannabis entraîne certains troubles tels que la diminution de la volonté et de la mémoire (échec scolaire), la schizophrénie (dédoublement de la personnalité), et surtout la paranoïa (“tout le monde m’en veut”) »

Pour aller plus loin

  • Et moi, est ce que je fais le point sur mes propres dépendances ? Est ce que je suis à l’écoute de ceux qui y sont confrontées ?
  • Est ce que je me sens concerné par ces débats politiques ? Comment puis-je y prendre part ?

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